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Quoi de mieux pour notre rubrique qu'un bon gros test d'Assassin's creed ? Il doit y avoir bien une ou deux années de cela, Ubisoft nous laissait voir les premières images d'un futur titre encore inconnu à l'époque. Les chargés de communication parlaient alors d'un jeux où le personnage Altair, mystérieux membre de la guilde des assassins offrirait une expérience au coeur des croisades où escalade, liberté, et meurtres rimeraient tous les trois avec classe. La fine équipe d'Ubisoft Montréal sous les ordres de la charmante Jade Raymond se chargerait de la terrible tâche du développement de la bête, équipe qui rappellons-le, avait fait des merveilles en terme de gameplay, de graphisme et d'animation sur le célèbre prince of persia sands of time. Le décor était planté, le bébé d'Ubisoft continuait de croître tandis que les gamers du monde entier se repassaient les vidéos du coup d'épée classe, du saut dans le vide, qu'ils rêveraient de réaliser un jour. Après moultes dates de sorties repoussées c'est enfin officiel, le messi sortirait en Novembre pour les fêtes de noël et partagerait l'affiche de sa sortie avec un certain COD 4 (lui aussi un tantinet attendu). Finalement pas d'apocalypse, pas de bain de sang, une sortie classe pour un jeux classe.
Une surprise de taille
Passons mon roman relatant l'avant sortie du titre d'Ubisoft et concentrons nous sur l'essence même de mon test, à savoir... le test...hum... Enfin bref. Comme tout bon fan nostalgique des mois d'attente du titre on regarde la petite cinématique d'avant menu vue et revue une vingtaine de fois au moins. Une fois la vidéo finie on inspire profondément et on lance, avec une pointe d'appréhension, le célèbre « débuter nouvelle partie ». Ca y'est ça commence. Nous voilà laché dans une ville sans réelle possibilité de mouvement et baignant dans une lumière ambiante surréaliste oscillant entre le bleu, le blanc et le rouge. Le cerveau ne fait qu'un tour « UN BUG!!!! », apparemment non. C'est alors que la voix d'un personnage féminin et celle d'un personnage masculin résonnent. On parle d'une crise, d'un rejet d'animus et d'une séquence de mémoire verouillée alors qu'en lançant le jeux je m'attendais personnellement à du meurtre pur et dur avec du sang et tout et tout... C'est alors qu’Assassin's creed a surprit l'intégralité des joueurs et nous dévoile la réalité scénaristique du jeux, à savoir, une réelle intrigue n'ayant pour théâtre, non pas les croisades comme s’y attendaient 98,7% des joueurs, mais bien une époque futuriste. Grosse surprise... et au final bonne surprise. Après quelques minutes d'explications scénaristiques entre les différents protagonistes affichés sur notre bel écran, le véritable héros « Mr Miles » s'allonge sur ce que le jeux nomme l'animus. On est intrigué, on attend, puis la machine nous plonge dans le coeur même du jeux à proprement parler, l'époque des croisades.

Assassin's Creed bénéficie de décors et d'effets de lumière somptueux.
My name is Taïr, Altaïr.
Maître assassin, nos aptitudes au début du jeux sont nombreuses, contres, parades, couteaux de lancé, possibilité de s'accrocher en vol aux rebords... Toutes les actions du jeux nous sont permises et ce pour mieux nous en priver lorsque notre personnage est déchu après ce qu'on pourrait appeller « une sacré faute professionnelle ». La suite du jeux consistera donc logiquement à récuperer notre honneur en même temps que notre titre de maître assassin. Passer de maître à apprenti nous prive de nos capacités et de notre équipement, mais pas de la facilité de déplacement du personnage. Laché au départ dans un petit village, on apprend très vite qu'Altaïr tient ses promesses en offrant une bonne sensation de liberté lors de ses phases d'escalade assistées par une jouabilité originale et non rebutante, et ce même pour le plus néo des néophytes. La jouabilité du titre surprend puis convainc. En ne touchant à rien notre héros passe en revue un certain nombre d'actions dites « passives ». Il peut ainsi se dissimuler, se faufiler avec classe dans la foule, et la poussée maximale du joystick ne vous permettra que de marcher. C'est lorque l'on presse la gachette de droite (L2 pour nos amis possesseurs de Playstation 3) qu'Altair passe aux choses sérieuses, course, sprint, escalade, sauts, bousculades violentes, la palette de mouvement s'étoffe et une seule action peut se placer dans une dizaine de contextes différents, ce sont des mouvements dits « actifs ».

Pour lui tout est fini, les serres d'Altaïr se sont refermées. Une seule option possible, la mort.
Bah ça alors...
Une fois l'équipement récupéré (en partie tout du moins), le moment arrive de notre premier contact avec une véritable ville. C'est là qu'on oubli tout ce qu'on a vu jusque là dans les jeux vidéos. Notre héros s'avance à cheval, (cela dit en passant le cheval répond à la même jouabilité en deux temps « passif »/« actif » qu'Altaïr.) les sabots de l'animal s'arrêtent à quelques pas d'une falaise surplombant la ville, et on ne peut qu'admirer le travail titanesque réalisé par le studio Ubisoft Montréal, la cité de Damas, immense, vous tend les bras sous un soleil aux teintes orangées. Ce n'est pas une cinématique, ce n'est pas une toile de fond décorant une map plus ou moins bien inspirée, c'est réellement un terrain de jeu immense, et ultra détaillé pour Altaïr, pour nous.

Faites-vous plaisir ! Tout dans Assassin's creed n'est qu'escalade.
Meurtre à répétition ?
Le coeur du jeu débute une fois à l'intérieur de la ville. Dans Assassin's creed, trois villes (Damas, Acre et jérusalem), neufs cibles à abattre l'une après l'autre, et pour cela, une méthode identique de travail. C'est ce qu'on pourrait reprocher au titre d'ubisoft, la répétition de cette méthode justement. La liberté est immense, chaque individu peut être assassiné froidement d'un coup de lame, les toits offrent des grands moments d'escalade, mais la façon de procéder reste sensiblement la même d'une cible à l'autre, d'une ville à l'autre. En effet une fois le bureau des assassins consulté, fournissant les informations concernant la cible à abattre, il est alors nécessaire d'escalader les points les plus hauts de la cité afin de bénéficier de la mise à jour des objectifs sur notre petit radar, c'est le principe des points d'observation. Ensuite il faut accomplir ces objectifs, ces missions, afin de déverrouiller la scène qui vous permettra de liquider la personnalité pour laquelle vous êtes là. Afin de déverrouiller cette scène vous devrez accomplir au moins 2 missions, tout en sachant qu'il en existe 4 sortes et seulement 4 :
– L'espionnage (la plus simple) où il suffit de rester assis sur un banc à observer deux personnes discuter et d'en tirer les informations.
– L'interrogatoire durant lequel on est amené à observer un orateur en pleine ville jusqu'à ce que son discour se termine. Une fois terminé s'en suit une courte phase de pseudo filature jusqu'à un lieu isolé où vous pourrez gentiment coller quelques pains à notre ami afin qu'il se mette à table.
– Le vol est une mission où, une fois une cible verrouillée, il vous suffit de la suivre puis d'appuyer doucement sur un bouton suffisament près afin de lui voler, sans qu'elle s'en aperçoive bien sûr, de la paperasse contenant encore et toujours des informations.
– Durant les missions de contact il s'agira toujours d'aider un de vos amis assassins mais de 2 manières différentes. L'une consistant à abattre un certain nombre de cibles sans alerter les gardes sous la menace d'un chrono, et l'autre consistant en une course elle aussi chronométrée (un peu ridicule) où Altair doit récupérer des drapeaux disséminés un peu partout sur les toits.

Le vrai visage du jeu surprend.
It's time to kill
Une fois ces missions accomplies s'en suit la dernière et la plus importante celle de l'assassinat. Un bref retour au bureau des assassins où vous est délivré votre permis de tuer et la futur preuve de votre réussite, la plume. Les rencontres avec les cibles importantes du jeu sont l'occasion de cinématiques en temps réel où l'on ne peut qu'observer une scène quant à elle précalculée enrichissant par la même l'immersion dans le scénario. Puis le champs libre vous est laissé. Durant l'assassinat c'est la vitesse et non la discrétion qui prime, Assassin’s creed étant un jeu misant sur le spectacle et l'adrénaline et non un simulacre d'infiltration sauce croisade. Tout le jeu se déroule de cette façon monotone mais scénarisée, nous plongeant dans l'intrigue et nous forçant à avancer pour celle-ci. Son scénario sympathique nous laisse présager d'une suite sur laquelle tous les fantasmes sont permis (Assassin’s creed dans le futur?).

Les villes offrent des terrains de jeux totalement libres, immenses et époustouflants. Du jamais vu.
Que faire si ce n'est tuer ?
Mis à part les cibles et l'intrigue principale, des objectifs secondaires et tout aussi répétitifs que les missions d'information sont proposés au joueur ( l'occasion de récupérer des G pour les Xbox gamers), certains de ces objectifs auront même une influence sur les missions principales, ainsi en sauvant une jeune femme des mains des gardes, une poignée d'individus se feront un plaisir de gêner vos poursuivants en cas de passage dans la zone. De même qu'en cas de sauvetage d'un homme de dieu il vous sera alors possible de vous cacher au sein d'un groupe de moines en attendant que les gardes cessent les recherches. Outre ces petites missions de sauvetage le joueur peut récupérer des dizaines de drapeaux dans tous les endroits du jeu, il peut aussi découvrir tous les points d'observation existant ou s'adonner à une chasse aux Templiers (60 dans tout le jeu). Ces missions répétitives et ennuyeuses rallongent la durée de vie pour qui a la patience de s'y lancer.

Mêlez-vous aux moines, passez inaperçu.
Assassin's creed c'est le plaisir de « Altaïrer »
Mais au final le véritable plaisir du jeu réside dans la façon d'utiliser Altaïr. Animation sans faille, charisme, palette d'actions variées (quoique parfois redondantes), combats beaux et dynamiques à la dague, à l'épée ou même à la lame d'assassin, alliés à une liberté de progression et d'escalade dans des villes immenses et superbement détaillées. C'est ça le vrai plaisir d'Assassin’s creed, la joie de faire son film tout en restant l'acteur. On se surprend alors à marcher au coeur de la foule avec la caméra en contre plongée juste parce que c'est beau et classe, à escalader des batiments colossaux pour voir notre héros sauter dans le vide et se réceptionner dans une botte de paille 60 mètres plus bas, à agresser une patrouille de gardes pour déclencher un combat où les contres élégants et violents nous feront lacher un petit « OUCH! » de compassion pour le pauvre homme qui s'est fait casser le bras puis balayer d'un coup d 'épée. Assassin's creed est une expérience, elle a ses limites certes, mais la qualité, la beauté et le plaisir du jeu nous pousse tout de même à excuser l'attente qu'il aura suscité et la répétitivité des ses missions. Il est important de noter que les deux versions, à savoir Playstation 3 et Xbox 360 sont sensiblement identiques.

Il à l'air louche celui-ci ! Un peu de respect, il s'agit du maître de votre guilde tout de même.
LES NOTES
TECHNIQUE: 18/20
Villes titanesques et superbement détaillées, jeux de lumière et d'ombre convaincants, temps de chargement plutôt courts, personnages et héros finement modélisés. Assassin's creed joue dans le grandiose mais ne délaisse pas pour autant une qualité technique exemplaire. On reprochera tout de même quelques bugs de collisions parfois agaçants ou surréalistes.
ESTHETISME: 16/20
Assassin's creed nous offre des villes magnifiques aux inspirations multiples et historiques, un héros classe et mystérieux le tout avec une imaginativité rejoignant et utilisant les détails de notre histoire. Rien de novateur ni d'incroyable, mais un beau travail à saluer tout de même.
Combats dynamisés et facile d’accès... Peut-être trop dirigistes et limités cependant. Côté évolution dans les niveaux, la maniabilité assistée vous offre tout de même pas mal de possibilités. Au final on se retrouve face à un gameplay simple, efficace et dynamique, auquel on pourra malheureusement reprocher la dérangeante impression de ne pas tout maîtriser (techniques de combats, escalade assistée etc...). Le prix à payer pour rendre le jeu abordable à la majorité? Qui sait...
Les thèmes d'Assassin's creed son immersifs et beaux quoique parfois répétitifs.
Le doublage français est de bonne facture mais certains protagonistes secondaires ont la fâcheuse tendance à répéter inlassablement les mêmes phrases.
SCENARIO : 14/20
L'histoire propose un scénario qui surprend, se laisse suivre tout en refaisant l'Histoire par le biais de clins d'oeil bienvenus. La chute finale est évidente dès le début de l'aventure et la fin nous laisse perplexe... Dommage!
DUREE DE VIE : 12/20
Assassin's creed est unique et prenant mais aussi répétitif à souhait. L'aventure est à faire mais ne vous proposera finalement qu'une suite de quêtes annexes qui semblent chacune être le clone des précédentes. Le tout se bâcle ne moins d'une dizaine d'heure et ceux ou celles désireux de se farcir (pardonnez moi l'expression) les objectifs secondaires auront besoin de tout leur courage pour passer au-delà de la perspective de nombreuses heures d’ennui.
L'équipe d'Ubisoft nous propose un titre de grande classe. Assassin's creed possède des atouts de taille mais on a tout de même le sentiment tenace que le jeu se repose sur sa réalisation graphique dantesque pour finalement convaincre rapidement un joueur qui souffrira au final d'une aventure répétitive et à l'intérêt souvent limité. Reste qu'Altaïr nous offre de grands moments, que les villes titanesques restent un spectacle plaisant et impressionant, un terrain de jeu immense et truffé de détails dans lequel vous aurez tout le loisir d'évoluer. Incroyable et pourtant décevant.
Ecrit par
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, le 17 Avril 2008
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